Le référencement n’a de naturel que le nom
Les référenceurs sont avides de métaphores. Quand il s’agit d’illustrer l’intérêt du référencement naturel, ils aiment assimiler le site web à une vitrine ou à un tableau :
- vous pouvez avoir la plus belle vitrine qui soit, personne ne s’arrêtera pour la contempler si elle située au fin fond d’une ruelle sombre.
- Une toile de grande valeur n’aura jamais la reconnaissance qu’elle mérite si elle condamnée à dormir dans les sous-sols d’un musée.
C’est la même chose pour un site web. Vous pouvez être doué pour l’écriture, avoir des connaissances poussées dans un domaine précis, votre site web ne sera jamais lu s’il n’est pas correctement positionné sur Google. Seul problème: pour caracoler en tête des résultats, fournir un contenu de qualité n’est qu’un critère parmi d’autres…
Finalement, l’emploi de ces métaphores est révélateur des limites de nos moteurs de recherche. Pour eux, le fait que le tableau soit magnifique ne lui donne pas forcément droit à une meilleure exposition qu’un tableau médiocre. Allez parler à un robot…
Il faut reconnaître que les bons contenus ne récoltent pas toujours un grand succès sur Google. Je pleure chaque jour en tombant sur des sites formidables, qui mériteraient d’avoir un maximum de visibilité, et qui pourtant croupissent à la énième page des résultats Google. Triste constat : on ne peut compter uniquement sur la qualité du contenu pour rendre un site web visible sur les moteurs de recherche. Obtenir un bon référencement implique d’avoir certaines compétences en développement, SEO, et désormais SMO… Tant mieux pour les professionnels du web, tant pis pour les autres…
Finalement, ce que l’on appelle la fracture numérique se matérialise autant au travers d’une inaptitude technique que d’une insuffisance économique.
Qui ne maîtrise pas ces techniques a peu de chances de surgir de la toile. Sans une certaine « agilité numérique », le talent peut aller se rhabiller. Je suis à peu près sûr que Picasso n’aurait rien compris à Picasa.
Heureusement, il existe des contre-exemples. Certains sites de grande valeur sont sortis du lot « naturellement », sans que leurs auteurs soient des experts en référencement ou des spécialistes du community management. Je pense par exemple au blog de maître Eolas, l’un des Internautes Français les plus influents.
Autre élément qui brouille un peu les cartes : l’avènement du référencement social. Avec le lancement de Google search plus, on fait un pas de géant vers un référencement qui tient compte de nos préférences, de notre cercle d’amis, de nos centres d’intérêt. Est-ce à dire que les contenus de qualité seront valorisés ?
Il est à mon sens illusoire de penser qu’un contenu de valeur va jaillir de la masse parce-que le public le plébiscite. Du point de vue des moteurs de recherche, il est tout aussi illusoire de penser que le nombre de liens pointant vers un site est un critère valable pour se faire une idée de la qualité de son contenu. Ce qui est populaire n’est pas forcément bon. Combien de personnes allument leur télé pour regarder Secret Story ? Allez, je vais masquer mon arrogance en me réfugiant derrière un texte de Baudelaire :
« Ah! misérable chien, si je vous avais offert un paquet d’excréments,vous l’auriez flairé avec délices et peut-être dévoré. Ainsi,vous-même,indigne compagnon de ma triste vie, vous ressemblez au public, à qui il ne faut jamais présenter des parfums délicats qui l’exaspérent, mais des ordures soigneusement choisies.»
Il faut se faire à l’idée : certains sites web, blogs ou autres contributions de qualité ne seront visibles que si vous cherchez longtemps, longtemps, avec de la patience… et une certaine forme d’obstination.
My Words sur twitter






